Origine et objectifs de l'ARORY

L’ARORY (Association pour la Recherche sur l’Occupation et la Résistance dans l’Yonne) est née en 1988 à l'initiative d’anciens résistants et déportés de l'Yonne.

Rapidement, une équipe d'enseignant chercheurs s'est constituée effectuant un travail de recherche sur la période de la Seconde Guerre mondiale.

De nombreuses publications ont ainsi été diffusées, livres, cédérom, panneaux d'exposition et le bulletin Yonne-Mémoire 1940-1944.

En complément de ses recherches historiques, l'ARORY intervient auprès des élèves pour préparer le concours national de la Résistance et de la Déportation.

Enfin l'ARORY organise, anime des conférences... et inaugure les premiers chemins de la Résistance de l'Yonne !

 

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Les principales publications de l'ARORY

Les Mémoires de Robert Loffroy sont toujours en vente tout comme les Actes du colloque organisé fin 2014 en partenariat avec ADIAMOS. Nous contacter par courriel.


Le livre sur  la rencontre Pétain-Goering en gare de Saint-Florentin-Vergigny le 1° décembre 1941, coédition SAHVCB et l'ARORY. Un évènement de la Collaboration méconnu pourtant important sur le plan national et qui s'est passé dans l'Yonne.


Pour tout savoir sur l'Yonne pendant la Seconde guerre mondiale, commandez le livre, Un département dans la guerre, une publication Tirésias. 

 

Le cédérom, La Résistance dans l'Yonne, AERI-ARORY 

Yonne Mémoire

 

 

 

 

Le bulletin 41 de Yonne Mémoire est disponible.

 

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Cela s'est passé un mois de septembre dans l'Yonne

 

23 septembre 1942 : 15 membres d'un réseau d'évasion arrêtés à Auxerre et à Troyes

Le mouvement Ceux de la Libération s’est implanté dans l’Aube en 1941. C’est Georges Wauters qui en est le responsable pour la Marne, l’Aube et l’Yonne. Il établit des contacts et recrute des responsables locaux dans l’Yonne, notamment à Sens, Villeneuve-sur-Yonne et Auxerre. De ce mouvement dépendent des filières d’évasion vers la zone non occupée puis l’Espagne. Une de ces filières se charge des aviateurs alliés abattus en zone occupée, dans le nord et l’est de la France ; elle les achemine, par Troyes et Auxerre jusqu’à la ligne de démarcation, où d’autres groupes se chargent de leur faire franchir la frontière espagnole pour qu’ils puissent regagner ensuite l’Angleterre. Cette organisation prouve une fois de plus que la distinction entre réseau et mouvement n’est pas toujours concrètement perceptible. Cette filière auboise et icaunaise est démantelée et ses membres durement frappés par la répression à l’automne 1942. Deux aviateurs abattus dans la Marne en septembre 1942, un canadien et un anglais, ont pu sauter en parachute ; ils ont été récupérés par des résistants de cette région et sont pris en charge par un réseau troyen d’évasion affilié à Ceux de la Libération, dirigé par le docteur Jean-Pierre Maillard. Celui-ci, par téléphone, avertit Marcel Delaplace, confiseur installé à Auxerre et responsable du groupe auxerrois, qu’il va bientôt « recevoir deux colis en gare des Migraines ».

C’est Lucien Aubel, de Poilly-sur-Tholon qui va chercher les aviateurs à Troyes avec une camionnette et les ramène à Auxerre. Les aviateurs ont tenu à garder leurs uniformes pour bénéficier, en cas de capture par les Allemands du statut de prisonniers de guerre. Mais pour éviter qu’ils ne soient trop facilement repérés, les membres du réseau de Troyes ont réussi à les convaincre d’endosser des vêtements civils achetés à Troyes par-dessus leur uniforme. A Auxerre, Marcel Delaplace ne peut les héberger ; il prend contact avec Charlotte Cretton, la femme d’un garagiste auxerrois, qui fait partie du groupe. Celle-ci, ne pouvant pas elle non plus les loger, demande à des amis, le fleuriste René Chanteloze et sa femme Gabrielle s’ils acceptent d’héberger les deux aviateurs pour une nuit. René Chanteloze, qui ne fait pas partie du groupe mais dont Charlotte Cretton connaît les sentiments anti-occupants, accepte.

Le lendemain matin Lucien Aubel reprend les deux hommes et les emmène dans le Cher. Le passage de la ligne de démarcation s’effectue sans encombres, mais les deux aviateurs sont arrêtés peu de temps après en zone Sud et remis par les policiers français à la police allemande. Celle-ci ne tarde pas à remonter la filière, grâce à la marque du commerçant de Troyes chez qui les vêtements civils ont été achetés et grâce aux tickets de ravitaillement trouvés dans leurs poches et portant le cachet de Troyes. La police allemande arrête bientôt les membres du réseau à Troyes puis à Auxerre, sans doute à la suite des aveux du responsable troyen.

Le 23 septembre 1942 dans la matinée, Marcel Delaplace est arrêté, ainsi que Lucien Aubel et Charlotte Cretton. Les époux Chanteloze sont arrêtés peu de temps après à leur domicile ; leur fille, Marie-Louise Chamoy est arrêtée le lendemain. Tous les six sont incarcérés à la prison d’Auxerre. Delaplace, après un séjour à la prison d’Auxerre puis celle de Dijon, est transféré à la prison du Cherche-Midi à Paris puis déporté en Allemagne en mars 1943. Les époux Chanteloze sont transférés à la prison de Fresnes. Leur fille, Marie-Louise Chamoy, qui est enceinte lors de son arrestation est envoyée à la prison de Reims puis, après son accouchement, est transférée elle aussi à la prison de Fresnes. Gabrielle Chanteloze et sa fille sont ensuite déportées en Allemagne, d’abord pour travailler dans une usine de chaussures près de Magdebourg, puis au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück où est également déportée Charlotte Cretton. Cette dernière y meurt d’épuisement, et Gabrielle Chanteloze succombe au typhus en mars 1945,  un mois avant la libération du camp. Seule Marie-Louise Chamoy réussit à survivre jusqu’à la libération du camp en avril 1945. René Chanteloze, déporté au camp de Flossenburg puis à celui de Gross Rosen, y meurt aux alentours de Noël 1944 ; Lucien Aubel est lui aussi déporté à Gross Rosen  puis à Bergen-Belsen où il meurt en mars 1945.

 

Ce sont les premiers Auxerrois arrêtés pour de tels faits de résistance. Ils ont payé très cher leur dévouement puisque sur les six personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire, deux seulement ont survécu à la déportation, Marcel Delaplace et Marie-Louise Chamoy. Les membres du groupe de Troyes ont eu un peu plus de chance : sur neuf membres arrêtés à Troyes, deux (Jean-Pierre Irrigoyen et M. Devred) sont morts en déportation, au camp de Gross Rosen. Les autres, Charles Ferry, le docteur Maillard, Odette Masson et son mari, Jean Allegatière, Jean Tabutiaux et M. Richard reviendront des camps de concentration.

 

Sources : ADY, 1 W 150 (signalements reçus au cabinet du préfet des arrestations opérées et des condamnations prononcées par les autorités d'occupation) et 1130 W 39 (dossier Delaplace). Témoignage de Marie-Louise Chamoy (1995). Bailly Robert, La Croix de Saint-André, éd. ANACR-Yonne, Clamecy, 1983, 332 p.

 

Claude Delasselle

 

 


Parution le 21 mars 2019

 

 

 

 

Ce 21 mars 2019 est paru le dernier ouvrage de Joël Drogland : "Des Maquis du Morvan au piège de la Gestapo".

Un récit retraçant le parcours d'André Rondenay, agent de la France libre.

 

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