Origine et objectifs de l'ARORY

L’ARORY (Association pour la Recherche sur l’Occupation et la Résistance dans l’Yonne) est née en 1988 à l'initiative d’anciens résistants et déportés de l'Yonne.

Rapidement, une équipe d'enseignant chercheurs s'est constituée effectuant un travail de recherche sur la période de la Seconde Guerre mondiale.

De nombreuses publications ont ainsi été diffusées, livres, cédérom, panneaux d'exposition et le bulletin Yonne-Mémoire 1940-1944.

En complément de ses recherches historiques, l'ARORY intervient auprès des élèves pour préparer le concours national de la Résistance et de la Déportation.

Enfin l'ARORY organise, anime des conférences... et inaugure les premiers chemins de la Résistance de l'Yonne !

 

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Les principales publications de l'ARORY

Les Mémoires de Robert Loffroy sont toujours en vente tout comme les Actes du colloque organisé fin 2014 en partenariat avec ADIAMOS. Nous contacter par courriel.


Le livre sur  la rencontre Pétain-Goering en gare de Saint-Florentin-Vergigny le 1° décembre 1941, coédition SAHVCB et l'ARORY. Un évènement de la Collaboration méconnu pourtant important sur le plan national et qui s'est passé dans l'Yonne.


Pour tout savoir sur l'Yonne pendant la Seconde guerre mondiale, commandez le livre, Un département dans la guerre, une publication Tirésias. 

 

Le cédérom, La Résistance dans l'Yonne, AERI-ARORY 

Parution le 21 mars 2019

 

 

 

 

Ce 21 mars 2019 est paru le dernier ouvrage de Joël Drogland : "Des Maquis du Morvan au piège de la Gestapo".

Un récit retraçant le parcours d'André Rondenay, agent de la France libre.

 

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Yonne Mémoire

 

 

 

 

Le bulletin 41 de Yonne Mémoire est disponible.

 

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Cela s'est passé un mois d'août dans l'Yonne

 

24 août 1944 : la libération d'Auxerre

Scènes de la libération d’Auxerre

Le 21 août, Sens est libéré par des éléments de l’armée américaine ; le même jour Toucy est occupé pendant quelques heures par la compagnie FTP Pierre Dumont. Il est évident que la libération du chef-lieu du département est proche. Les habitants d’Auxerre constatent dans la journée du 22 août que les Allemands font leurs préparatifs de départ. Les forces occupantes à Auxerre se réduisent alors à environ 400 hommes mal équipés en armes et en véhicules, et dont la valeur militaire est assez faible. Le 23 août, le corps franc du groupe Bayard attaque les Allemands à Monéteau, s’empare du dépôt d’essence et tue trois officiers allemands, précipitant le départ des troupes d’occupation. Le même jour, dans l’après-midi, les derniers gardiens allemands quittent la prison d’Auxerre et les prisonniers sont libérés par petits groupes ; quelques éléments de l’armée d’occupation parcourent encore les rues dans la soirée, mais les derniers évacuent la ville dans le courant de la nuit.

Le chef de l’état-major FFI de l’Yonne, « Chevrier » a été prévenu du départ imminent des Allemands et en a averti le commandant « Verneuil » et les chefs des groupes du Service National Maquis et des FTP. Il donne l’ordre aux forces du National Maquis, notamment au Maquis 3 et au maquis de Merry-Vaux, de commencer à marcher sur Auxerre. Quelques jours plus tôt, au cours d’une entrevue tendue, « Chevrier » a du accepter la nomination du préfet de la Résistance, qu’Emile Fovet, président du Comité départemental de Libération était venu lui présenter.

Scènes de la libération d’Auxerre

Le jeudi 24 au matin, les Auxerrois encore inquiets constatent que les Allemands ont quitté la ville. Par une magnifique journée d’été, les premiers éléments du Maquis 3 entrent dans Auxerre vers 13h 30 par la rue de l’Arquebuse (devenue ensuite rue du 24 août) ; d’autres groupes arrivent par l’avenue de Saint-Georges, accueillis par une population enthousiaste qui leur fait fête. « Chevrier » arrive aussi en début d’après-midi en voiture découverte, avec à ses côtés « Verneuil ». Peu après un détachement du « régiment Verneuil » fait à son tour son entrée dans la ville. Des compagnies FTP (les compagnies Paul-Bert, La Marseillaise, Colbert) arrivent plus tard dans l’après-midi et dans la soirée. Les résistants, dont la jeunesse mais aussi l’équipement et l’armement hétéroclites étonnent les habitants, défilent dans la rue du Temple, entourés d’une foule en liesse et se regroupent place de la cathédrale avant de gagner leurs cantonnements.

Les détenus qui ont été libérés la veille de la prison d’Auxerre se rassemblent devant le monument aux morts. Vers 20h quelques véhicules blindés de l’armée française font leur apparition dans le centre ville, acclamés par la foule. Tard dans la soirée, l’état-major FFI se réunit à l’Hôtel de la Fontaine en compagnie du préfet Paul Gibaud. « Chevrier » insiste pour que les chefs FTP sablent le champagne avec lui. Le commandant « Georges », inquiet, a pris des dispositions pour se prémunir contre le passage possible d’une des nombreuses colonnes allemandes en retraite qui circulent encore dans la région. Des postes de garde, avec barrages et fusils-mitrailleurs en batterie sont installés aux différentes entrées de la ville. Il reste aussi des Allemands dispersés tout autour de la ville : un accrochage a lieu près du pont de Vallan, d’autres se cachent dans les bois ou dans d’anciens fours à chaux situés sur la route d’Avallon, à la sortie d’Auxerre. C’est près de là, au carrefour des routes d’Avallon et de Chablis, que le poste tenu par des hommes du Maquis 1 est mitraillé par des Allemands montés sur un camion décoré de la croix de Lorraine, faisant un mort, plusieurs blessés et un prisonnier (qui sera pendu à Semur-en -Auxois).

Scènes de la libération d’Auxerre

Le lendemain 25 août, la foule envahit à nouveau les rues du centre ville, acclamant un petit détachement américain arrivé peu après midi. A 15h, un grand cortège se forme, partant de la Préfecture pour se rendre à la porte du Temple. En tête du cortège figurent le préfet Gibaud, le colonel « Chevrier », Emile Fovet, André Cornillon, président du Comité local de Libération (CLL) et l’état-major FFI. Les résistants remarquent aussi avec stupeur et amertume la présence dans ce défilé de nombreux officiers de l’armée française qu’ils n’ont jamais vus dans la Résistance, et même celle du commissaire Grégoire, et d’autres chefs de la police, arborant cocardes et brassards tricolores. Par contre une délégation du CLL intervient pour interdire au maire nommé par Vichy, Jean Moreau, de participer au défilé. Les nouvelles autorités doivent faire face à une foule de problèmes pressants : cantonnement des groupes FFI, ravitaillement de la population, réorganisation des services de santé, etc. Préoccupées par les exactions commises par quelques groupes de résistants, et pour éviter une épuration incontrôlée, les autorités font arrêter et interner à la caserne Gouré plusieurs centaines de personnes dont une grande partie sera relâchée quelques jours plus tard. Le 25 août, le Bourguignon est suspendu par décret préfectoral. Le premier numéro de L’Yonne Républicaine paraît le 26 août. Le 28 août, un arrêté préfectoral désigne une municipalité provisoire dirigée par le docteur Moutarde.

Dans les jours qui suivent, alors que des combats violents se déroulent encore autour d’Auxerre (combat de la ferme de Trémilly près de Vallan, combat de Seignelay), les états-majors des différentes compagnies FFI s’installent et s’organisent à Auxerre et commencent à enregistrer l’engagement de volontaires pour continuer la guerre.

Sources : ADY, 33 J 18 (témoignage du commandant « Georges », recueilli par P. Vauthier en 1951). L’Yonne Républicaine, 28 et 29 août 1945. Bailly Robert, Occupation hitlérienne et Résistance dans l’Yonne, ANACR-Yonne, 1984, 458 p. Bailly Robert, Si la Résistance m’était contée…, Clamecy, ANACR-Yonne, 1990, 520 p.

Claude Delaselle

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