Origine et objectifs de l'ARORY

L’ARORY (Association pour la Recherche sur l’Occupation et la Résistance dans l’Yonne) est née en 1988 à l'initiative d’anciens résistants et déportés de l'Yonne.

Rapidement, une équipe d'enseignant chercheurs s'est constituée effectuant un travail de recherche sur la période de la Seconde Guerre mondiale.

De nombreuses publications ont ainsi été diffusées, livres, cédérom, panneaux d'exposition et le bulletin Yonne-Mémoire 1940-1944.

En complément de ses recherches historiques, l'ARORY intervient auprès des élèves pour préparer le concours national de la Résistance et de la Déportation.

Enfin l'ARORY organise, anime des conférences... et inaugure les premiers chemins de la Résistance de l'Yonne !

 

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Les principales publications de l'ARORY

Les Mémoires de Robert Loffroy sont toujours en vente tout comme les Actes du colloque organisé fin 2014 en partenariat avec ADIAMOS. Nous contacter par courriel.


Le livre sur  la rencontre Pétain-Goering en gare de Saint-Florentin-Vergigny le 1° décembre 1941, coédition SAHVCB et l'ARORY. Un évènement de la Collaboration méconnu pourtant important sur le plan national et qui s'est passé dans l'Yonne.


Pour tout savoir sur l'Yonne pendant la Seconde guerre mondiale, commandez le livre, Un département dans la guerre, une publication Tirésias. 

 

Le cédérom, La Résistance dans l'Yonne, AERI-ARORY 

Cela s'est passé un mois d'août dans l'Yonne

 

15 août 1944. Le Délégué militaire André Rondenay est exécuté par la Gestapo

Le 15 août au matin, les Allemands commencèrent l'évacuation des détenus de la prison de Fresnes et les conduisirent à la gare de Pantin où se constituait ce qui fut le dernier convoi de déportation en partance de France. Rondenay retrouva son camarade Grout de Beaufort, ainsi que les deux agents de liaison arrêtés le même jour.

Exécution sommaire dans la clairière des « Quatre Chênes »

Au début de l'après-midi, un commando spécial de six militaires allemands en uniforme arriva en gare de Pantin, accompagnés de miliciens. Ils cherchèrent Rondenay et le firent descendre du train. Quatre autres résistants durent aussi quitter le convoi : son ami Alain Grout de Beaufort, André Baude, Roger Claie et Louis Lerouge, agent de liaison de Rondenay. Le commando quitta immédiatement la gare de Pantin et roula vers le nord sur une vingtaine de kilomètres. Il s'arrêta en lisière de la forêt de Montmorency, sur la commune de Domont, au lieu-dit la clairière des "Quatre Chênes". Les cinq résistants durent descendre des voitures et furent massacrés séance tenante. A leur retour, les auteurs de ce quintuple meurtre se réunirent rue des Saussaies à Paris pour y sabler le champagne, conformément à une coutume alors en usage dans la police allemande et qui portait le nom de "banquet du bourreau".

Qui a trahi ?

La cour de Justice de la Seine a jugé Henri Dupré coupable de l’arrestation de Rondenay et, après des années d’instruction, l’a condamné à mort le 31 janvier 1950. Il a été fusillé le 2 février 1951. Nous ne disposons pas de preuves qui montrent avec certitude que Dupré ait réussi le 27 juillet à Paris ce qu’il avait manqué le 17 juillet à Auxerre, mais il est vrai que son officier traitant à l’Abwehr était présent à Pantin. D’autres hypothèses ont été faites qui sont crédibles. L’hypothèse qui nous semble la plus probable, en l’état des sources actuellement connues, est celle de l’infiltration du groupe BOA de la région parisienne, que Rondenay, Grout de Beaufort et leurs agents de liaison fréquentaient à Paris, par les miliciens de la rue Alphonse de Neuville, en liaison avec la Gestapo et avec l’Abwehr.

Qui sont les assassins ?

La longue et minutieuse instruction de la justice militaire dans le cadre de l’ordonnance du 28 août 1944, relative à la répression des crimes de guerre a permis d’identifier avec certitude les assassins. Le chef du commando de Pantin était Alexander Kreutz, de l’Abwehr et les cinq autres étaient des membres de la Gestapo, section IV du Kds de Paris. : Gustav Sinnhof, Rudolf Weinberger, Rudolf Kurz, Herbert Schubert et Ernst Heinrichsohn. Ils ont été condamnés à mort par contumace le 7 mars 1956 mais ont tous échappé à la justice sauf Ernst Heinrichsohn, condamné à six ans de prison en 1980 par le tribunal de Cologne, grâce à l’action de Serge et Beate Klarsfeld.

Pourquoi l’exécution sommaire au départ du convoi de déportation ?

Dans son étude majeure sur la déportation, Thomas Fontaine a démontré que les Allemands avaient établi des catégories parmi les résistants, en fonction des actions qui avaient été les leurs, et que leur peine dépendait de leur degré de dangerosité. Les FTP, les chefs de réseaux, les agents de renseignement, les agents du BCRA étaient considérés comme les ennemis les plus dangereux et devaient être éliminés. Ils étaient fusillés ou déportés dans de petits convois spéciaux, vers des camps où ils seraient assassinés avec certitude. Ce tri est visible lors de l'évacuation de la prison de Fresnes en août 1944. Les Allemands ont pu se rendre compte que Rondenay et Grout de Beaufort auraient dû eux aussi être considérés comme faisant partie de cette catégorie, et que la décision de les exécuter et de ne pas les laisser partir dans un convoi "ordinaire" ait été prise. L'identification de Rondenay a peut-être été tardive, postérieure aux interrogatoires et à la décision de déportation. S'agissait-il de s'assurer de leur mort, laquelle n'était pas certaine en cas de déportation, surtout dans les conditions du départ du convoi du 15 août ?

Monument commémoratif des résistants fusillés dans la clairière des Quatre Chênes à Domont (Val d’Oise)

 

La mémoire d’André Rondenay

André Rondenay reçut trois citations à l'ordre de l'Armée. La première est celle qui accompagne sa nomination de chevalier de la Légion d'honneur par décret du ministre de la Guerre, le 8 août 1944, deux semaines après son arrestation, et une semaine avant son assassinat. La seconde citation est à titre posthume, le 5 novembre 1944.            La troisième citation, signée du général de Gaulle, est faite au nom du Gouvernement provisoire de la République française, en date du 30 mai 1945. Il reçut la croix de la Libération et devint Compagnon de la Libération, par décret du 28 mai 1945, signé du général de Gaulle. André Rondenay reçut aussi la médaille de la Résistance et la médaille des Evadés. Le général Rondenay, père d'André, fut invité à l'ambassade de Grande-Bretagne le 28 octobre 1947, pour y recevoir une décoration britannique à l'occasion de l'admission de son fils dans le Distinguished Service Order.           

Le corps d'André Rondenay ayant été identifié à Domont, ses obsèques eurent lieu le 3 novembre 1945 en l'église Saint-Louis des Invalides, en présence du général Koenig. La cérémonie d'inauguration du Grand Hall André Rondenay de la Maison de la RTF se déroula le 28 janvier 1964, sous la présidence d'honneur d'Alain Peyrefitte, ministre de l'Information du gouvernement Georges Pompidou, en présence de Jean Sainteny, ministre des Anciens combattants et victimes de guerre, de Claude Hettier de Boislambert, Grand Chancelier de l'Ordre de la Libération, et de nombreuses hautes personnalités, également compagnons de l'Ordre. Le nom d’André Rondenay figure sur la plaque commémorative des morts du maquis Camille, à Plainefas, sur la commune de Saint-Martin-du-Puy (Nièvre), sur le monument commémoratif de l’Ecole polytechnique (Paris Ve), sur le monument aux fusillés et déportés de l’Yonne à Auxerre (Yonne) et sur le monument commémoratif des fusillés du Carrefour des Quatre-Chênes à Domont (Val-d’Oise).

SOURCES : SHD/GR, 16 P 295666, dossier individuel  d'André Rondenay. SHD/GR 28 P 4 320/2, dossier d’agent du BCRA d’André Rondenay. Archives de la cour de justice de la Seine : Z6/836, dossier d’Henri Dupré ; Z6/648 A et B : dossier des miliciens de la rue Alfonse de Neuville et de la rue Le Pelletier. Joël Drogland, Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo- André Rondenay, agent de la France libre, Vendémiaire, 2019.


Yonne Mémoire

 

 

 

 

Le bulletin 43 de Yonne Mémoire est disponible.

 

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L'actualité de l'Arory

Décès de Jean Rolley

Jean Rolley

Certains d’entre nous connaissaient depuis longtemps Jean et Francine Rolley, comme professeurs d’histoire à Auxerre, Jean au lycée Jacques Amyot, Francine à l’Ecole normale et étaient déjà leurs amis. Mais la création de l’ARORY en 1988, et l’adhésion de Jean à cette association ont renforcé les liens qui avaient pu être noués auparavant.

Son intérêt pour l’histoire de l’Occupation et de la Résistance n’était pas seulement celui du professeur d’histoire et de l’historien. Jean était le seul d’entre nous à avoir des souvenirs personnels de cette période. Il se souvenait du bombardement de Saint-Lô en 1944, ses parents devant fuir la ville avec leurs enfants pour gagner Pontaubert. Sa mère, née à Varsovie, était juive, son oncle disparut dans un camp d’extermination.

Jean a participé activement et très tôt aux travaux de recherche de l’ARORY ; d’abord en co-écrivant le texte du premier ouvrage publié en 1993 par l’ARORY et intitulé « Sur les chemins de la mémoire et du Souvenir ». Il fit partie dès sa création en 1994 du groupe de recherche historique de l’ARORY. Il réalisa plusieurs entretiens avec d’anciens résistants, plus particulièrement ceux du mouvement Résistance en Puisaye. Ce fut lui qui fit la synthèse des témoignages recueillis auprès de résistants et publiée en 1999 par l’ARORY sous le titre « L’engagement dans la Résistance ».

Au sein de l’équipe de recherche qui s’est lancée dans l’aventure du CDrom à cette époque, il s’est chargé particulièrement des recherches sur la Résistance en Puisaye, sur l’histoire de la mémoire de la Résistance dans l’Yonne et surtout sur la question de la persécution des juifs de l’Yonne, question qui lui tenait particulièrement à cœur. Plusieurs numéros du bulletin Yonne-mémoire, dont il fut le rédacteur en chef pendant une quinzaine d’années, furent consacrés à la publication de ses mises au point sur le processus d’aryanisation des biens juifs, sur la persécution des juifs de l’Yonne, dont il a dressé une liste complète et enfin, en novembre 2019, sur les juifs ayant échappé à la déportation dans le département de l’Yonne. C’est naturellement lui qui rédigea, dans  notre livre « Un département dans la guerre »,  le chapitre consacré à la persécution des juifs de l’Yonne, ainsi que le chapitre consacré à la mémoire de la Résistance. Au cours de ses recherches sur la persécution des juifs de l’Yonne, il fut en relation avec deux éminents historiens spécialistes de la question, Serge Klarsfeld et Jacques Sémelin, qui l’encouragèrent à publier ses travaux. En 2009, il participa au colloque de Lacaune et sa communication fut publiée en 2011, dans l’ouvrage « Histoire régionale de la Shoah en France. Déportation, sauvetage, survie », sous le titre « La mise en œuvre de la solution finale dans l'Yonne, 1940-1944 ». Il travailla beaucoup aussi sur Pierre-Etienne Flandin, homme politique avallonnais et national.

Jean était membre du CA de l’ARORY et y apportait toujours, avant que l’âge et l’éloignement d’Auxerre ne l’empêchent de participer à ses réunions, son savoir, sa lucidité, son humour et sa capacité intacte d’indignation contre les imbéciles et ceux qui tordent la vérité historique à leur profit. C’était un membre important et respecté de l’ARORY ; mais c’était avant tout notre ami, chaleureux et attentif aux autres. C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que nous saluons sa mémoire et que nous présentons nos très sincères condoléances à Francine, leurs enfants et sa famille.


Le prix Viannay-Défense de la France 2019 décerné à Joël Drogland

Prix Viannay-Défense de la France 2019

 

Chaque année, la presse livre l’identité des lauréats des prix littéraires. A travers ces prix, l’on souhaite que soient honorées des plumes de talent. Un prix bien moins médiatisé a été décerné ce 12 novembre 2019. En ces lignes, permettez-moi d’affirmer qu’une plume de talent et un travail rigoureux ont été, à juste titre, mis à l’honneur.

 

Joël DROGLAND, vice-président de l’ARORY, est le récipiendaire de ce prix. Gratifié du prix Philippe Viannay au Palais du Luxembourg, pour son ouvrage Du maquis du Morvan au piège de la Gestapo. André Rondenay, agent de la France libre. (Editions Vendémiaire). Ce prix est destiné à récompenser un ouvrage récent portant sur la Résistance au nazisme en France ou en Europe, n’ayant pas fait l’objet d’autre récompense. Le président du jury, Jean-Pierre AZEMA, ne s’y est pas trompé quand, dans son discours de remise du prix, il a expliqué le choix du jury. Joël DROGLAND méritait cette distinction.

 

Nous étions quelques uns de l’ARORY à assister à cette cérémonie tout à la fois solennelle et empreinte de simplicité. La présence de Claude Rondenay, fils d’André Rondenay exécuté en 1944, a coloré d’une certaine émotion les échanges autour du buffet.

 

Que Joël, qui eut surprise, émotion et fierté à l’annonce du prix, n’en gardant modestement que l’émotion ce soir du 12 novembre, et ayant voulu (je le cite) ranger sa fierté à sa juste place, soit ici récompensé de nos chaleureuses et amicales félicitations. Il a de quoi être fier !

 

Suzel ALEXANDRE.

 

Le Cercle Condorcet lui consacre un article où l'on peut trouver un lien vers le discours de Fabrice Grenard analysant le livre de Joël Drogland.

Cliquez ici aller sur le Cercle Condorcet.

 

 

 

 

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